Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/155

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connue dans ce joli monde, il lui serait facile de faire passer quelqu’un…

— Seulement, ajouta-t-elle avec une douceur surprenante, il faudrait qu’on pût croire que vous êtes une… connaissance, et pour cela il serait indispensable de me laisser prendre votre bras.

Maxence, à son tour, hésita, craignant quelque piège. Mais une force inconnue agissant en lui, son hésitation fut courte, et il put traverser sans injures la foule immonde, ayant, à son bras et près de son cœur, cette créature que félicitèrent au passage plusieurs bandits, et qui était vraiment à décourager le Péché même.

Pas un mot, d’ailleurs, ne fut échangé entre eux. Il remarqua seulement qu’elle pressait son bras, se serrait contre lui beaucoup plus que ne l’exigeait strictement la situation et même qu’il y avait quelque chose de convulsif dans cette étreinte.

Le trouble extraordinaire qu’il avait senti s’était dissipé maintenant qu’elle ne parlait plus. Il en vint naturellement à supposer une sorte d’hallucination, car tout le monde sait combien est commode ce précieux mot par lequel sont élucidés tous les sentiments ou pressentiments obscurs.



Quand vint le moment de se séparer, Maxence for-