Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/50

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toute la clique humaine qui s’obstinait à ne pas le récompenser.



Peut-être avait-il raison. Je vous répète que je n’en sais rien et que je ne veux pas le savoir. Je suis assez ivre déjà de mes propres indignations, sans avoir besoin de me soûler de celles des autres.

J’arrive au poème de cette nuit, fameuse entre toutes, qui ne fut pas une nuit d’amour.

Très exceptionnellement, Damascène Chabrol m’avait invité par lettre à venir chez lui, non pour dîner, ce qui n’eût été que salutaire et, par conséquent, archi-banal, mais pour entendre la lecture d’un de ses drames, ce qui me parut dangereux et fort effrayant.

Sa lettre, d’ailleurs, beaucoup plus comminatoire que fraternelle, ne pouvait me laisser aucun doute sur la gravité du cas. Il exigeait absolument que je fusse exact, déclarant que la justice le voulait ainsi.

Cette forme d’invitation ne me révolta pas. Ma curiosité vivement émue établit aussitôt l’accord entre la justice et ma volonté. Je fus exact et voici tout net ce qui arriva.

Dès le premier coup, la porte s’entrouvrit et je fus introduit selon le rite mentionné plus haut.

Damascène était plus calme que je n’eusse osé l’espérer. Il était même prodigieusement calme et je