Page:Bloy - Je m'accuse, La Maison d'Art, 1900.djvu/24

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ou sans vomir, vous verrez que l’ordure y veut être de l’art encore et du plus grand.

« M. Émile Zola croit qu’on peut être un grand artiste, en fange, comme on est un grand artiste en marbre. Sa spécialité, à lui, c’est la fange. Il croit qu’il peut y avoir très bien un Michel-Ange de la crotte !…

« Sa langue d’artiste, il l’a dégradée et perdue dans les argots les plus ignominieux des cabarets. Il a pris la langue du peuple. Dépravé par son sujet, il parle, en ce roman, comme les personnages qui y vivent. Il use d’un style dont il est impossible de ramasser une phrase, eût-on un crochet de chiffonnier pour la prendre et une hotte pour l’y jeter. Il n’a plus de personnalité !

« Il a oublié Balzac, lui qui l’imitait trop. Le grand homme de la Comédie humaine a créé et fait souvent parler, pour le besoin de ses romans, des Auvergnats, des Allemands, des portiers ; mais sans pour cela devenir Auvergnat, Allemand ou portier. Le dialogue fini, le romancier reprenait son récit et sa page, y versant son style et sa pensée, mais M. Zola n’a ni style ni pensée à verser.