Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/145

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— Mademoiselle, permettez-moi de demander à vous si vous êtes peintre ?

— Non, Mademoiselle, répondit Clotilde, qui, s’avisant à son tour du peu de sympathie que sa présence excitait et se rappelant les recommandations de Gacougnol, résolut de ne pas livrer le plus mince atome d’elle-même.

— Aoh ! bien ennuyant, mais vous étudiez la peinture ?

— Non, Mademoiselle, je n’étudie pas la peinture.

— Miss Pénélope, intervint alors la Séchoir, est passionnée pour les arts, et comme je me suis permis de lui dire que vous connaissiez M. Gacougnol, qui vient quelquefois ici, elle en a conclu que vous étiez une de ses élèves.

Clotilde s’inclina sans dire un mot, désirant, au fond de son cœur, qu’on daignât l’oublier complètement. Mais la volaille anglaise, encouragée sournoisement par un clin d’œil de la maîtresse du lieu, ne se tint pas pour battue et revint à la charge dans son patois, qu’il serait puéril de fac-similer plus longtemps.

— Oh ! oui, Mademoiselle, j’aime beaucoup les arts. Si vous saviez ! Vous êtes bien heureuse d’être en relations avec M. Gacougnol. Je vous envie d’être admise dans son atelier où il est si difficile de pénétrer. C’est pour cela que je voudrais tant devenir votre amie. Je vous supplierais de me présenter.

— Voyons, ma chère miss, dit encore la raisonnable Virginie, vous allez trop vite. Je vous ai dit que Mademoiselle était en fort bons termes avec notre grand artiste,