Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/288

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le plus petit mot à dire, aussitôt que Dieu se manifestait, et sa pente naturelle était dans le sens de l’Humilité profonde, ainsi qu’on a pu le vérifier historiquement chez la plupart des hommes d’action organisés pour le despotisme.


IX


La naissance, longtemps attendue, d’un fils fut un événement plus considérable que l’abolition définitive de la durée, pour ces deux buveurs d’extase. Ils se crurent mariés depuis quelques heures seulement et s’étonnèrent d’avoir ignoré l’Amour. Un gouffre nouveau s’ouvrit au fond de leur double abîme qu’ils pensaient être cousin germain des concavités du firmament.

Il faut laisser la monographie de telles ivresses aux jeunes bonshommes en condition littéraire, dont c’est l’office de divulguer impuissamment l’âme humaine à des maquereaux inattentifs. Ces deux êtres, plus grands, à coup sûr, qu’il n’est permis dans une société postérieure à tant de déluges, apparurent tout à coup privés d’haleine et pâles de sollicitude, penchés sur un petit pauvre.

Ils le nommèrent Lazare, du nom de ce Druide qu’on a déjà vu et que Léopold choisit pour parrain, de préférence à Marchenoir qui lui paraissait tout de même un arbre bien sombre pour abriter un berceau.

Clotilde, en vraie fille d’un peuple autrefois chrétien, ne voulut pas entendre parler de nourrice, intuitivement