Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/316

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écrire, lorsque Druide éperdu vint leur annoncer sa mort…

Ce fut une catastrophe énorme, une désolation qui les écrasa. Et quelle pitié sur cette mort ! Quelle pitié !

Seul, dénué de tout, n’ayant pas même obtenu un prêtre, ce chrétien des catacombes n’avait pu compter que sur un miracle pour être fortifié au dernier instant.

On n’avait pas été averti du danger et tout le monde arriva trop tard. Il n’y eut personne pour recueillir les dernières paroles de celui qui avait si grandement parlé toute sa vie, et que les hommes refusèrent si obstinément d’écouter !

Assassiné par la plus féroce misère, il eut son repos dans le même lieu que l’enfant de Léopold qui ne l’avait précédé que de quelques mois, et les deux sépultures très humbles furent peu éloignées l’une de l’autre. Le rude sommeil des gisants ne fut pas troublé par le bruit des pas de ceux qui convoyèrent le nouveau dormeur. Oh ! non, une mouche les eût comptés, mais ils pleurèrent véritablement.

La pitié haute et surnaturelle, qui assume le remords des implacables, paraît être la transfixion la plus douloureuse. Une demi-douzaine de navrés, qui ne parlaient pas, sentit en ce jour, à une profondeur extraordinaire, que la seule excuse de vivre c’est d’attendre la « Résurrection des morts », comme il est chanté au Symbole, et que c’est une vanité terrible de s’agiter « sous le soleil ».

Où trouver une intellectualité plus dévorante, plus formidablement pondérée, plus capable de broyer et d’arrondir tous les angles de la table de Pythagore, mieux