Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/347

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Poulot les homicides paroles supposées capables de rouvrir et d’empoisonner une plaie terrible.

Quand elle était lasse de la fenêtre, la bréhaigne gueuse apparaissait sur le toit, arrangé en manière de terrasse et grotesquement décoré de ces vases lie de vin ou cul de bouteille, multipliés par une céramique d’opprobre, pour le châtiment des hommes. Elle se promenait là, dans le costume déjà dit, quelquefois à moitié nue, vociférant aux quatre points cardinaux qu’elle était « chez elle » et que ceux qui n’étaient pas contents n’avaient qu’à fermer les yeux.

Excellente place pour gueuler, pour tintamarrer de son olifant, pour lancer sa fiente et son pus, pour arborer les attitudes ou les postures dont il fallait que bavât de concupiscence tout le quartier.

— Le cas de cette pauvre goujate me paraît grave, dit Hercule Joly, un soir qu’elle lui avait fait entendre son rire au moment où il entrait chez ses amis. C’est une démoniaque d’un genre très particulier et qui doit être catalogué dans les ouvrages spéciaux. Il est certain que l’espèce de convulsion sardonique dont elle est agitée si souvent, implique tout autre chose que le sentiment d’une joie quelconque. C’est à croire que les invisibles qui vous harcelaient dans votre ancienne demeure ont pris possession de cette huissière pour vous tourmenter ici. Le traitement de ce genre d’affections est, je crois, indiqué dans le livre de Tobie, mais il faudrait un thérapeute plus idoine que le galope-chopine qui lui sert d’époux. Je me demande si