Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/61

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troisième personnage, d’aspect bizarre, qui s’inclina, sans dire un seul mot.

— Figure-toi bien, poursuivit Pélopidas, que c’est comme ça toute la journée. Quand j’ai donné quatre sous à un de ces bougres, il ne me lâche plus, et m’envoie toute sa famille… Allons, bon ! Où diable ai-je fourré mon porte-monnaie, maintenant ? Mais, milliard de Dieux ! fermez donc votre porte, là-bas. Il ne fait pas déjà trop chaud dans cette lanterne.

Clotilde, fort ahurie d’un tel accueil, obéit machinalement, puis, appelant tout son courage, dit enfin :

— Monsieur, vous vous trompez, je ne suis pas une mendiante, je suis la personne dont on vous a parlé et que vous attendiez ce matin à onze heures. Et elle lui tendit sa carte.

Pauvre carte unique, découpée, pour la circonstance, avec des ciseaux, dans le coin le moins sale d’une feuille de gros papier jaune et sur laquelle elle avait écrit son nom Clotilde Maréchal.

— Ah ! vous êtes le modèle, très bien ! Alors, déshabillez-vous.

Et, comme si c’était la chose la plus simple, il reprit aussitôt la conversation interrompue, un instant, par l’arrivée de cet « accessoire ».

— Pour en revenir à tes blagues sur le grand art, mon petit Zéphirin, nous en reparlerons quand tu auras quelque chose de neuf à me révéler. Jusque-là tu m’embêtes et je ne te l’envoie pas dire. Tout ce que tu me dégoises, depuis