Page:Bloy - Le Salut par les juifs, 1906.djvu/55

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X


Ah ! quand Jésus clamait vers son Père : « Pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font », une telle prière d’un tel mourant, voulût-on même qu’elle n’ait pas dû être exaucée, — supposition bien déconcertante, impliquant le plus audacieux blasphème ; — une pareille déprécation d’agonie dut aller infiniment au delà de ce qui peut être conçu ou pressenti par les hommes ou par les Esprits des cieux.

Comme c’est la nature des cris divins de s’élancer à la fois partout, celui-ci dut percer la croûte du globe et retentir efficacement dans les sombres couloirs de la terre où gisent les minéraux dangereux tenus en réserve et recelés avec soin par le désespoir des Anges vaincus.