Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/168

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LE BARON.

Comme ils ont donné ! Trop.


LISETTE.

Comme ils ont donné ! Trop.Ils sont comme les vins ;
Plus ils sont abondans, Monsieur, moins ils sont fins.


CHAMPAGNE.

Oh ! la fécondité toujours est un mérite.


LE BARON.

C’est plutôt dans les vers un défaut qui m’irrite.


LISETTE.

Dès qu’ils parlent du Roi, je les trouve tous bons.


CHAMPAGNE.

De nos rimeurs françois ils prouvent dans le fonds
L’abondance du zele.


LE BARON.

L’abondance du zele.Ou plutôt leur disette.
Tout le monde est Auteur, personne n’est Poëte.
Et je voudrois, morbleu, qu’un Édit dans Paris
Eût arrêté d’abord ce déluge d’écrits.
(à part.)
J’en parle par dépit, & je creve de rage.


CHAMPAGNE.

La rigueur est trop grande.


LE BARON.

La rigueur est trop grande.Elle est juste, elle est sage.


CHAMPAGNE.

Monsieur…


LE BARON.

Monsieur…Retirez-vous, avec votre recueil.
De ma porte jamais ne regardez le seuil.
(à part.)
Avec plus de fureur, mon chagrin se rallume…


CHAMPAGNE, à part.

Il est fou…


LE BARON.

Il est fou…Revenez ; le prix de ce Volume ?