Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/170

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Scène V.

LA MARQUISE, LISETTE, CHAMPAGNE, caché.



LA MARQUISE.

Je ne puis rien comprendre à ce mal singulier.
Je ne sais plus enfin quel remede essayer.
Si j’étois à Paris, je serois à la source.
Mais dans ce lieu désert, je n’ai nulle ressource.
Il étoit cependant plus calme ce matin.
Parles, qui peut avoir réveillé son chagrin ?
Le sais-tu ?


LISETTE.

Le sais-tu ? Comme vous, Madame, je l’ignore.


LA MARQUISE.

Pour surcroît de douleur, pour m’accabler encore,
Ma Niece est languissante, & cache aussi son mal.
Tout sert à m’affliger, Lisette, en général.
Ma santé s’affoiblit presque à chaque quart-d’heure.
Pour peu que cela dure, il faudra que j’en meure.
Quand on a le cœur bon, qu’on a des sentimens,
Le mal d’autrui nous tue, on ne vit pas long-temps.


LISETTE.

Parlez-moi des gens durs, il faut qu’on les assomme.
Vous avez par malheur l’ame d’un honnête homme.
Le retour de Cléon vous guérira tous trois.


LA MARQUISE.

Qu’il tarde à revenir ! Tu sais depuis un mois
Que je l’attens, Lisette, avec impatience.
J’ai mis dans son appui toute ma confiance.


LISETTE.

Le chemin de la mer n’est pas toujours aisé.