Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/187

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MONTVAL.

Par tes réflexions, ah ! Tu me désesperes !


LISETTE.

Consolez-vous, Monsieur : car Lucile entre nous,
Est encor plus fidelle, ou plus folle que vous.
Pour elle franchement sa constance m’alarme.


MONTVAL.

Mon ardeur la mérite, & ce discours me charme.


LISETTE.

Elle renonce à tout, quand elle vous croit mort.
Quel sera de son cœur le noble & digne effort,
Sitôt qu’elle apprendra que vous êtes en vie !
Rien ne pourra la vaincre.


MONTVAL.

Rien ne pourra la vaincre.Ah ! Mon ame ravie
Sent renaître à présent le plus flatteur espoir.
Mon cœur vole vers elle & brûle de la voir.
Conduis-moi…


LISETTE.

Conduis-moi…Je ne puis, Monsieur.


MONTVAL.

Conduis-moi… Je ne puis, Monsieur.Je t’en conjure.


LISETTE.

Elle dort, vous savez qu’elle aime la peinture,
Et dessine aussi-bien que vous faites des vers.


MONTVAL.

Oui, je sai qu’elle unit tous les talens divers.


LISETTE.

Pour adoucir l’erreur dont son ame est frappée,
Elle est depuis huit jours constamment occupée
Du matin jusqu’au soir à faire le portrait…


MONTVAL.

Lisette, de qui donc ?


LISETTE

Lisette, de qui donc ? D’un très aimable objet.


MONTVAL.

Quel objet ? apprends-moi…