Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/236

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MONTVAL.

Oui, ma santé soupire après un nœud si doux.
Le Médecin se meurt, si son mal ne vous touche,
Et son bonheur dépend d’un mot de votre bouche.
Voyez à vos genoux tomber la Faculté.


LA MARQUISE.

Arrêtez, cet état blesse sa gravité.


MONTVAL.

Je ne puis prendre un air trop soumis & trop tendre,
J’ai besoin d’indulgence, & je vais vous surprendre.
Apprenez mon amour et mes vrais sentiments.


LA MARQUISE.

Épargnez-vous ce soin, Monsieur, je les entends,
Je vous dirai bien plus, je n’y suis pas contraire ;
Mais la décence veut que j’en parle à mon frere.
Adieu, vous n’aurez pas à languir bien du tems,
Nous allons, de concert, rendre vos vœux contens.

(Elle s’en va.)



Scène VII.

MONTVAL, seul.


Quel discours enchanteur ! Faut-il que je le croie ?
Je demeure interdit de plaisir & de joie !
Lucile, vos parens vont combler mon bonheur,
Et de tous vos appas je serai possesseur ;
Mon cœur rend, pour le coup, grâce à la Médecine,
Je vous dois à son art, je la tiens pour divine.