Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/242

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MONTVAL.

Il deviendra funeste à vous non-seulement,
Mais à Lucile encore, ainsi qu’à son amant.


CLÉON.

Son amant !


MONTVAL.

Son amant ! Oui, monsieur, l’Amant le plus fidele.


CLÉON.

Le connoissez-vous ?


MONTVAL.

Le connoissez-vous ? Fort.


CLÉON.

Le connoissez-vous ? Fort.Lucile l’aime-t-elle ?


MONTVAL.

Puisqu’il faut vous l’apprendre, éperdument, Monsieur.


CLÉON

Chaque mot est un trait qui me perce le cœur.


MONTVAL.

Pardon, pour le guérir, il faut que je le blesse.


CLÉON.

Votre secours, Monsieur, est d’une étrange espece,
Et jamais…


MONTVAL.

Et jamais…Le remède est violent, d’accord.
Mais naturellement vous avez l’esprit fort.
Je risque sur un cœur aussi grand que le vôtre,
Ce que je n’oserois essayer sur un autre.
Sa générosité, du succès me répond.
Consultez-la, Monsieur, l’effet en sera prompt.
Courage, ce soupir m’est d’un flatteur augure.


CLÉON.

La vertu de Lucile après tout me rassure ;
Elle oubliera l’Amant.


MONTVAL.

Elle oubliera l’Amant.Non, ne l’espérez pas.