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L’HONORABLE B. JOLIETTE.

XLV.

Deuil de sa mort.


Il serait difficile de peindre la consternation que répandit par tout le village, la funeste nouvelle de sa mort. Pendant les trois jours de son exposition, un morne silence régna sur l’Industrie plongée dans le deuil. On vit les scènes les plus attendrissantes. Une foule de malheureux, pour qui M. Joliette avait été une seconde Providence, accouraient tout désolés au manoir. Là, après s’être mis à genoux pour prier, ils demandaient qu’on enlevât le suaire qui recouvrait les traits de celui qui les avait tant aimés et secourus. À la vue de leur bienfaiteur inanimé, ils éclataient en sanglots ; leur douleur n’aurait pas été plus grande, s’ils avaient perdu leur propre père.

Mais ce n’était pas seulement la classe indigente qui venait épancher sa tristesse et ses regrets sur la tombe entr’ouverte de l’Honorable Joliette. Toutes les classes de cette société dont il avait été l’ami, le protecteur et le conseiller, manifestèrent publiquement leur profond chagrin. À peine le glas funèbre eut-il porté au sein des familles la navrante nouvelle, que sur-le-champ, les travaux cessèrent, les