Page:Borrelli - Les Dactyles, 1896.djvu/108

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Donc, au dernier avril, en faisant à ma tête,
J’avais, pour mon voyage, attendu jusqu’au soir ;
Dans un chaume, à mi-côte environ de la crête
Qui domine l’enclos, j’étais venu m’asseoir.

Le vallon s’ouvre au nord, de Montrouge à Bicêtre.
Mais un brouillard épais y monte, sur le tard ;
Ce fond où, par endroits, luisait une fenêtre,
C’était Arcueil ; la Bièvre y coulait — quelque part.

Déjà le crépuscule était devenu l’ombre.
Des gouttelettes d’or perlaient au firmament ;
Et, presque transparents, des nuages sans nombre
Profilaient sur le bleu leurs formes d’un moment.

Le plus beau, tramé d’air, étiré sans marbrure,
Mais qu’un rebroussement avait effiloché,
Vous eût fait, malgré vous, songer à la fourrure
D’un grand angora blanc dans les astres lâché.