Page:Boucher de Perthes - Voyage à Aix-Savoie, Turin, Milan, retour par la Suisse.djvu/117

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l’intérieur. Sur la hauteur, on aperçoit une belle villa dont le propriétaire se nomme, me dit le capitaine, il signor Nicolo.

Le lac se resserre beaucoup, ses bords deviennent tristes et sauvages. Nous sommes dans un cercle de montagnes où se montrent, de loin à loin, des maisonnettes isolées. Ces montagnes, d’une verdure noire et couvertes de buissons, semblent incultes.

À gauche est un mont au sommet abrupte. À mi-côte est un hameau de trente à quarante jolies maisons. Puis vient la station de Brisago, village que dominent deux montagnes, dont l’une paraît verte et l’autre noire, peut-être par un effet de lumière, mais l’ensemble n’en est pas moins pittoresque. Sur la rive, je vois des saules et quelques mûriers.

Les bateaux ont ici, pour gouvernail, une rame de dix à douze mètres de long. Une de ces rames, par la maladresse du pilote, se fourre sous un canot et le fait presque sombrer. Véritables marins d’eau douce, les matelots de ce pays ne sont pas les premiers du monde, et je m’étonne qu’il n’y arrive pas plus d’accidents.

Station de Locarno, ville du canton du Tessin ; elle a trois églises et son petit port.

Nous passons, mais pour y revenir bientôt, devant Magadino, à l’embouchure du Tessin. Un passager nous dit que Magadino, par l’interposition d’une des deux montagnes qui le dominent, est privé de soleil pendant trois mois de l’année. Je ne sais si nous sommes dans ces mois néfastes, mais sans qu’il y ait un nuage au ciel, je vois l’ombre me gagner. Si cette éclipse des rayons solaires ne dure que trois mois, on n’a pas ici