Page:Boucher de Perthes - Voyage à Aix-Savoie, Turin, Milan, retour par la Suisse.djvu/171

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tendre des vergers. À l’horizon, plus haut encore et dominant le tout, sont les vraies montagnes arides ou neigeuses.

Ici, mon admiration est distraite par une discussion politique qui s’est élevée entre quelques voyageurs loquaces. Ils parlent du congrès qui est réuni en ce moment à Zurich et qui se tient à l’hôtel Baur, le plus confortable de la ville. Nos babillards prétendent que les membres dudit congrès n’y sont que pour y dîner et dormir, et que c’est pour cela que le congrès ne finit pas.

À trois heures, nous sommes à la station de Wadenschwyl. Tout est en wyl sur ce lac, et d’une prononciation qui n’est pas toujours commode pour nos langues françaises qui ne sont agiles que pour l’idiôme national. On n’a pas encore expliqué pourquoi telles provinces ont une affection particulière pour certaines terminaisons. En France, on reconnaît souvent l’origine d’un homme par la dernière syllabe de son nom : les noms finissant en val, en ville, en court, soit de familles, soit de lieux, se rencontrent partout en Normandie et en Picardie ; ceux en ac ou en iac, en Gascogne ; ceux en un ou en on, en Artois, en Boulonnais, etc.

Un grand bois est devant nous. Les maisons descendent jusque dans l’eau. Je remarque un clocher absolument en forme de clysopompe, genre d’architecture qui n’a rien pris des Grecs. Un pré, qui touche à une fabrique, est entièrement couvert d’étoffes brillantes, mises là pour sécher. L’entourage de verdure fait encore ressortir l’éclat de cet immense tapis.

La côte s’élève. Je vois labourer sur une pente