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ÉLÉMENTS DE L’ART HÉRALDIQUE. 771


par un pointillé, l'argent par un fond uni, sans traits. Les couleurs sont au nombre de six : le gueules ou rouge, qui se figure par des traits perpendiculaires ; l'azur ou bleu céleste, par des traits horizontaux ; le sable ou noir, par des traits croisés perpendiculairement et horizontalement ; le sinople ou vert, par des diagonales de droite à gauche ; le pourpre ou violet, par des diagonales de gauche à droite ; l'orangé, par des traits croisés diagonalement et verticalement. — Les fourrures sont au nombre de 2 : le vair, espèce de fourrure de couleur blanche et grise, se représente par une sorte de petites cloches argent et azur, ordinairement rangées alternativement et disposées de telle façon que la pointe des pièces d'azur soit opposée à la pointe des pièces d'argent et la base à la base. Les pièces de vair doivent être disposées sur 4 tires ou rangs dont le 1er et le 5e comprennent 4 cloches d'azur et 3 d'argent et sont terminés par 2 demi-pièces aussi d'argent ; le 2e et le 4e tire sont composés de 4 cloches d'argent, et le 3e d'azur, et se terminent par 2 demi-pièces aussi d'azur. Lorsque les pièces dépassent ce nombre, on les appelle menu-vair ; lorsqu'elles ne le dépassentpas, la panne prend le nom de beffroi. Quelquefois le vair est d'un autre émail qu'argent à azur, il est dit alors vair-vairé ; et on mentionne cette exception en blasonnant. Le contre-vair est aussi d'argent et d'azur ; il diffère du vair en ce que le métal y est opposé au métal, la couleur à la couleur, et les cloches du 2° et du 4e rang, renversées. — l'hermine, 2e fourrure, est la peau d'un petit animal du genre de la martre, mais entièrement blanc. On représente l'hermine par un champ d'argent semé de mouchetures de sable en forme de trèfle élargi par la base. Les mouchetures doivent être disposées en quinconce. Si leur nombre est inférieur à 3 ou 4 sur chaque rang, il faut les compter en blasonnant. Le contre-hermine s'obtient en transposant les couleurs de l'hermine : alors le champ est de sable et les mouchetures d'argent.

Figures, pièces ou meubles. Ce sont tous les objets qui se placent sur le champ de l'écu ; ces figures sont de 4 sortes : héraldiques, naturelles, artificielles et chimériques. Les figures héraldiques se divisent en pièces honorables ou du premier ordre et en pièces moins honorables ou du second ordre. — 1° Pièces honorables. Elles occupent le tiers de l'écu, à l'exception du franc-quartier, du canton et du giron, qui n'en occupent que le quart ; elles sont au nombre de 19 : le chef occupe le tiers supérieur de l'écu ; la fasce se place horizontalement au milieu de l'écu ; le pal prend le tiers de l'écu dans la direction verticale ; il est l'opposé de la fasce ; la bande traverse l'écu diagonalement de l'angle supérieur de droite à l'angle inférieur de gauche ; la barre traverse l'écu diagonalement de l'angle supérieur de gauche à l'angle inférieur de droite ; la croix est formée par la réunion du pal et de la fasce ; le sautoir ou croix de saint André est la réunion de la bande et de la barre ; le chevron a sa pointe tournée vers le chef, et les branches se dirigeant vers les flancs dextre et senestre de la pointe de l'écu ; le pairle est composé d'un demi-sautoir et d'un demi-pal assemblés au milieu de l'écu ; sa forme est celle d'un Y dont les branches sont mouvantes des deux angles du chef, et la base touche la pointe de l'écu ; la pointe est une pièce triangulaire partant de la base de l'écu, dont elle occupe le tiers et montant à angle aigu jusqu'au chef ; la pile est la pointe renversée ; comme la pointe, elle peut être multipliée ; elle diminue alors de largeur ; le franc-quartier occupe un peu moins du quart de l'écu ; souvent il sert de brisure, il se place en chef à dextre ; le canton, plus petit que le franc-quartier, n'occupe que la neuvième partie,de l'écu ; il est placé en chef ; il est dit canton


dextre lorsqu'il est placé à l'angle dextre de l'écu, canton senestre lorsqu'il est à l'angle senestre ; la bordure est une bande de la largeur des 7/8 es du champ ; elle suit les contours de l'écu en en touchant le bord ; l’orle, bordure isolée, éloignée du bord de l'écu d'une distance égale à sa largeur qui est de la moitié de celle de la bordure proprement dite ; le trescheur ou essonier est l'or le rétréci ; il est ordinairement double et orné de fleurons ou de fleurs de lis ; le giron est un des triangles formé par le gironné ; sa base est de la largeur de la moitié de l'écu, son sommet se dirige vers le centre de l'écu ; il peut mouvoir de toutes les parties du bord, il s'étend cependant ordinairement de la partie du gironné qui meut du haut du flanc dextre ; la Champagne occupe le tiers inférieur de l'écu ; l’écu en cœur ou en abyme est des 2/3 plus petit que l'écu principal dont il occupe le centre.

Pièces diminuées. Il arrive souvent que la proportion des pièces honorables n'est pas observée ; le pal, la fasce, la bande, la barre, employés même isolément, n'occupent pas toujours le tiers de l'écu ; cela arrive surtout lorsque ces pièces sont doubles, triples, quadruples, etc. ; on les nomme alors pièces diminuées. Le nombre des pals, des fasces et des bandes ne peut dépasser quatre. S'il y en a plus, les pals s'appellent vergettes, les fasces burelles, les bandes cotices. Plusieurs pièces sont réduites au tiers de leur largeur ; elles se nomment alors : le chef, chef diminué ou comble ; la fasce, devise ou fasce en devise ; la bande, cotice ou bâton en bande ; la barre, traverse ou bâton en barre ; la Champagne, plaine ; le chevron, étaie ; le sautoir, flanchis. Les fasces, bandes et barres très-diminuées et rapprochées deux à deux se nomment jumelles en fasces, jumelles en bandes, jumelles en barres ; très-rapprochées trois à trois, tierces en fasces, tierces en bandes, tierces en barres. On nomme filet toute pièce honorable réduite à sa plus simple épaisseur ; la bordure, dans ce cas, se nomme filière.

Sécantes partitions ou rebattements. Ce sont des figures régulières, couvrant le champ de l'écu et se composant alternativement d'un métal et d'une couleur. Ces figures sont très-nombreuses ; nous donnerons ici seulement les plus usitées, en commençant par celles qui dérivent des pièces honorables ou du premier ordre. L'écu, divisé verticalement en 6 parties égales, est dit paie de 6 pièces. Si ces partitions sont formées par des jfascea, des bandes ou des chevrons, l'écu est fascé, bandé, chevronné de 6 pièces. Le paie devient vergeté, le fascé burelé, le bandé coticé, lorsque le nombre des divisions s'élève à 10 ; le vairé est une partition obtenue au moyen du vair, mais de couleur autre qu'argent en azur ; les points équipollés s'obtiennent lorsque l'écu est parti de 2 et coupé de 2 ; les neuf divisions qui en résultent sont considérées comme meubles ; elles doivent toujours alterner métal et couleur ; l’échiqueté est le résultat du parti de 5 traits et du coupé de même nombre ; il divise l'écu en 36 parties égales ; le losangé est le résultat de la combinaison du tranché et du taillé de 8 traits ; comme l'échiqueté, il comprend 36 divisions, dont 28 points entiers et 16 demi ; le fuselé s'obtient comme le losange, mais les traits sont disposés de manière à avoir des fusées et des losanges ; le fretté se compose de 3 bandes et de 3 barres entrelacées de manière à laisser voir le fond de l'écu ; le treillissé est le même que le fretté, seulement l'intersection des bandes et des barres est clouée d'un émail différent ; le papelonné est formé d'une série de pièces arrondies disposées en écailles de poisson, et évidées de manière à laisser voir à leur milieu ie champ de l'écu ; le flanqué ou écartelé en sautoir est une partition mouvante de chaque flanc de l'écu et finissant en pointe au