Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/89

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civile entre les maisons d'York et de Lancastre, dite guerre des Deux-Roses, qui finit par la chute de la maison royale (1450-1485). Alors, monta sur le trône la dynastie des Tudor, issue d'une branche collatérale et sous laquelle le pouvoir royal fut à son apogée. Elle substitua la religion protestante au Catholicisme : Henri VIII, Édouard VI, Élisabeth contribuèrent à accomplir cette révolution (1533-1603). A Élisabeth succéda Jacques I (VI en Écosse), qui commença en Angleterre la dynastie des Stuarts et qui le premier réunit sous un seul sceptre l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande, sous le nom de Grande-Bretagne. Charles I, son fils, trop favorable au Catholicisme et au pouvoir absolu, périt sur l'échafaud en 1649; la république fut alors proclamée, et Cromwell resta maître de l’État jusqu'à sa mort (1658). Les Stuarts furent rétablis en 1660; mais les fautes de Jacques II amenèrent la révolution de 1688, qui renversa cette dynastie et donna pour souverain aux Anglais Guillaume III, prince d'Orange, qui avait épousé Marie, fille de Jacques II. La reine Anne, qui lui succéda, consomma l'union de l'Angleterre et de l'Écosse; son règne fut illustré par les victoires de Marlborough. Après la mort de la reine Anne, 1714, la maison de Hanovre fut appelée au trône comme la plus proche héritière de la maison royale; c'est elle qui règne encore aujourd'hui. Sous cette dernière dynastie eurent lieu la guerre de Sept ans (1756-63), la conquête du Canada (1763), la perte des colonies anglo-américaines (1774-1783); la soumission de l'Inde(1757-1816), la lutte contre la Révolution française et contre l'Empire (1793-1815); la réunion définitive de l'Irlande (1800), le rappel des lois contre les Non-conformistes et même contre les Catholiques (1820-29), la réforme électorale (1832); l'abolition des lois sur les céréales et la proclamation de la liberté commerciale (1846); les guerres contre les Afghans, contre le Pendjab (1846); la guerre de Crimée, faite contre la Russie de concert avec la France (1854-55); l'insurrection et la prompte répression de l'Inde (1857-58) et diverses expéditions. contre la Chine (1842-1860). – Les histoires d'Angleterre les plus estimées, sont celles de Hume, de Lingard et de Macaulay.


ROIS D'ANGLETERRE.
Race saxonne. Édouard II, 1307
Egbert, 827 Édouard III, 1327
Ethelwolf, 836 Richard II, 1377
Ethelbald, 858 Henri IV, 1399
Ethelbert, 860 Henri V, 1413
Ethelred I, 866 Henri VI, 1422
Alfred le Grand, 871 Édouard IV, 1461
Édouard I, l'Ancien, 900 Édouard V, 1483
Athelstan, 925 Richard III, 1483
Edmond I, 941 Maison de Tudor.
Edred, 946 Henri VII, 1485
Edwy, 955 Henri VIII, 1509
Edgard le Pacifique, 957 Édouard VI, 1547
Saint Edouard le Martyr, 975 Jeanne Grey, 1553
Ethelred II, 978 Marie, 1553
Saxons et Danois. Élisabeth, 1558
Suénon, Danois, 1013 Maison des Stuarts.
Ethelred, rétabli, 1014 Jacques I, 1603
Edmond II, Saxon, 1016 Charles I, 1625
Canut ou Knut le Grand, Danois, 1017 Interrègne (1649-1652).
Harold I, Danois, 1036 O. Cromwell, prot., 1652
Hardi-Canut ou Hardeknut, Danois, 1039 R. Cromwell, prot., 1658
Édouard le Conf., Saxon, 1041 Restaurat. des Stuarts.
Harold II, Saxon, 1066 Charles II, 1660
Race normande. Jacques II, 1685
Guillaume le Conquérant, 1066 Maisons d'Orange et Stuarts.
Guillaume II, le Roux, 1087 Guillaume III (d'Orange) et Marie, 1689
Henri I, Beauclerc, 1100 Anne, 1702
Étienne de Blois, 1135 Maison de Hanovre.
Maison d'Anjou (Plantagenets). Georges I, 1714
Henri II, 1154 Georges II, 1727
Richard Cœur de Lion, 1189 Georges III, 1760
Jean sans Terre, 1199 Georges IV, 1820
Henri III, 1216 Guillaume IV, 1830
Édouard I, 1272 Victoria, 1837

Pour l'ensemble des possessions de l'Angleterre, V. BRETAGNE (Grande). — Pour la géographie ancienne de l'Angleterre, V. BRETAGNE ANCIENNE.

ANGLETERRE (NOUVELLE-). On désignait autrefois sous ce nom six États anglais formant la partie N. E. des États-Unis actuels : ce sont les États de Maine, New-Hampshire, Massachussets, Vermont, Rhode-Island et Connecticut.

ANGLICANE (Église), nom que porte l'Église dominante d'Angleterre. L'Église anglicane adopte presque tous les dogmes de Calvin, mais elle conserve l'épiscopat et une certaine hiérarchie. Le roi est le chef de l'Église; il institue les évêques et veille avec leur concours sur le maintien du dogme et sur l'observation de la discipline. Quoique la Réforme ait été introduite en Angleterre par Henri VIII, l'Église anglicane, qui s'appelle aussi Église épiscopale, ne date que de l’acte d'uniformité, rendu en 1562, sous le régne d'Élisabeth.

ANGLO-AMÉRICAINS. On nommait ainsi les habitants des États-Unis et des colonies formées dans l'Amérique septentrionale par les Anglais.

ANGLO-SAXONS. On nomme ainsi 'les peuples germaniques qui envahirent la Grande-Bretagne vers 449, savoir : les Jutes, les Angles et les Saxons. Ils fondèrent l'Heptarchie, et, mêlés aux Danois, restèrent maîtres du pays jusqu'à la conquête de Guillaume I, 1066.

ANGLURE, ch.-l. de cant. (Marne); sur l'Aube, à 60 kil. S. O. d'Épernay; 856 hab. Anc. baronnie.

ANGO, célèbre armateur de Dieppe, né à la fin du XVe siècle, acquit une immense fortune et put rivaliser avec les rois. Des Portugais ayant enlevé un de ses vaisseaux en pleine paix (1539), il arma contre eux pour son propre compte, bloqua le port de Lisbonne, alla attaquer les Portugais jusque dans les Indes, et ne cessa ses hostilités que lorsqu'ils eurent envoyé un ambassadeur en France pour demander la paix. Il éprouva a la fin de sa vie des pertes considérables et fut presque ruiné; il en mourut de chagrin, en 1551. François I, sous le règne duquel il vivait et qu'il avait reçu splendidement dans son hôtel, l’avait nommé gouverneur de Dieppe.

ANGOLA, État de l'Afrique occid., entre le Congo au N. et le Benguala au S., s'étendenv. de 8° à 15° lat. S. et de 11° à 16° long. E.; env. 400 000 hab. dont 12 000 blancs; ch.-l. Loanda. Il appartient aux Portugais depuis 1485, et forme avec le Benguela et quelques forts du Congo une capitainerie générale. On y faisait jadis un grand commerce d'esclaves. On en exporte encore de l'or, de l'ivoire, de la gomme, des drogues médicinales, du fer, du cuivre, de la cire, du miel, du piment, de l'huile de palmier, etc.

ANGORA, l'anc. Ancyra, Inkhiré chez les Turcs, v. de la Turquie d'Asie (Anatolie), ch.-l. de district, près de la Tabana, à 330 kil. S. E. de Constantinople ; 40 000 h. Siège d'un métropolitain grec. On y trouve des espèces particulières de chèvres, de chats et de lapins à poils longs et soyeux, connues sous le nom d’Angoras. V. ANCYRE.

ANGOSTURA, v. du Vénézuela, ch.-l. de prov., sur l'Orénoque, à 250 k. O. de Vieja-Guyana; 8000 h Évêché. Magnifique palais du congrès. Il se tint dans cette ville, en 1819, sous la présidence de Bolivar, un congrès qui réunit la Nouv.-Grenade et le Vénézuela en un seul État sous le nom de Colombie : ce qui valut à la ville le nom de Ciudad-Bolivar.

ANGOULÊME, Inculisma, ch.-l. du dép. de la Charente, sur une colline au pied de laquelle coule la Charente, à 443 k. S. 0. de Paris, à 445 k. par chemin de fer; 24 961 bah. Évêché, trib. de 1re inst., lycée impérial,