Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/393

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à l'heure des vêpres, un Provençal, nommé Drouet, leur fournit cette occasion en insultant une femme; tout le peuple s'ameuta aussitôt et les Français, surpris sans défense, furent tous égorgés. Les Vêpres siciliennes ont fourni à Casimir Delavigne le sujet d'une de ses plus belles tragédies.

VER, vge du Calvados, à 12 kil. N. E. de Bayeux. Les Calvinistes y furent battus par Montluc en 1562.

VERA (Pierre de), conquérant des Canaries, né en 1440 à Xérès-de-la-Frontera, d'une famille noble d'Andalousie, fut envoyé en 1480 par Ferdinand et Isabelle à la Grande-Canarie comme capitaine général, consolida la domination espagnole dans cette île et soumit tout l'Archipel en 5 ans. Il déporta tous les Guanches, habitants indigènes, divisa les terres entre ses soldats et des colons qu'il appela d'Espagne, et y naturalisa la canne à sucre. Rappelé en 1488 à cause des violences qu'il exerçait,il se signala dans la guerre contre Grenade, 1492, et mourut peu après à Xérès.

VERA-CRUZ, v. et port du Mexique, capit. de l’État de Vera-Cruz, sur le golfe du Mexique, à 370 k. E. de Mexico ; env. 10 000 hab. La Vera-Cruz est défendue par le fort de St-Jean-d'Ulloa, situé sur un îlot, à moins d'un kil. de distance, et qu'on regardait comme imprenable. Ce fort est le dernier point qu'aient possédé les rois d'Espagne dans la guerre de l'indépendance : les insurgés s'en rendirent maîtres en 1823; les Français, commandés par l'amiral Baudin, le prirent en 1838, après quelques heures de canonnade. Chaleurs excessives de mai à septembre; climat mal sain : la fièvre jaune y règne pendant la saison chaude. — C'est sur l'emplacement de la Vera-Cruz que Fernand Cortez aborda en 1519, le Vendredi-Saint, pour commencer la conquête du Mexique. Occupée en 1838 par les Français, en 1847 par les États-Unis, cette place fut de nouveau prise et occupée par les Français en 1862. — L'État de Vera-Cruz, entre ceux de Puebla et de San-Luis de Potosi, a 640 kil. du N. O. au S. O., sur env. 100 de largeur; 330 000 hab. Climat très-varié, brûlant et insalubre dans les plaines, glacé sur les montagnes.

VERAGRI, peuple de l'Helvétie, habitait la partie inférieure du Valais, aux environs de Sion; ch.-l. Octodurus (auj. Martinach ou Martigny).

VERAGUA, anc. dép. de Colombie, avait pour bornes à l'E. la province de l'Isthme, à l'O. le Guatemala, au N. la mer des Antilles, au S. le Grand-Océan : 270 kil. sur 140; 40 000 hab.; ch.-l., Santiago de Veragua (à 200 kil. S. O. de Panama).

VERA PAZ (SAN-DOMINGO DE LA) ou COBAN, v. de Guatemala, ch.-l. d'un dép. de même nom, à 200 k. N. N. E. de Guatimala-la-Nueva; 12 000 hab.

VERAZZANI (J.), navigateur florentin, hé vers la fin du XVe s., fut envoyé par François Ier, en 1524, dans l'Amérique septentr., et en visita les côtes orientales depuis le 30° degré de lat. N. jusqu'à Terre-Neuve, dont il prit possession au nom de la France. La relation de son voyage se trouve dans la Collection de Ramusio et dans l’Histoire générale des voyages.

VERBANUS LACUS, auj. le Lac Majeur.

VERBE (le), fils de Dieu. V. JÉSUS-CHRIST.

VERBERIE, bourg du dép. de l'Oise, sur la r. g. de l'Oise, à 16 kil. N. E. de Senlis; 1500 hab. Position charmante; station de chemin de fer ; eau ferrugineuse; antiquités druidiques. Les rois de Neustrie y avaient un palais célèbre. Il s'y tint en 752 une assemblée générale de la nation ; il s'y tint aussi plusieurs conciles, en 723, 853, 863 et 869.

VERBIEST (Ferdinand), jésuite, né vers 1630 à Bruges, m. en Chine en 1688, se distingua comme missionnaire et comme astronome, fut nommé par l'empereur de Chine Kang-hi président du tribunal des mathématiques, répara le désordre du calendrier des Chinois, dirigea la fabrication de leur artillerie et compta parmi ses élèves l'empereur lui-même. Il a laissé Liber organicus astronomiæ europææ apud Sinus restitutæ, et plusieurs ouvrages écrits en langue chinoise (manuscrits à la bibliothèque impériale).

VERBIGÈNES. V. URBIGÈNES.

VERCEIL, Vercelli en ital., Vercellæ des anciens, v. forte de la Hte Italie, dans les anc. États sardes (Novare), ch.-l. de petite intend., sur la Sesia, à 76 k. N. E. de Turin; 19 000 hab. Évêché, cathédrale, hôpital, jardin botanique, etc. Étoffes de soie. — Catulus et Marius remportèrent à Verceil une grande victoire sur les Cimbres l'an 101 av. J.-C. République aux XIIIe et XIVe s., cette ville appartint successivement aux ducs de Milan et aux ducs de Savoie (1427). Prise par les Espagnols (1630), par les Français (1704), reprise par les Alliés (1706), elle fut réunie à la France avec le Piémont et devint sous Napoléon I le ch.-l. du dép. de la Sesia. Elle fut rendue au roi de Sardaigne en 1814.

VERCEL, ch.-l. de c. (Doubs), à 21 kil. S. de Beaune ; 1191 hab.

VERCINGÉTORIX, chef gaulois, Arverne de naissance, était fils de Celtille, homme puissant qui avait été mis à mort pour avoir aspiré à la royauté. Il souleva contre les Romains, en 52 av. J.-C., toute la Gaule centrale, que César venait de soumettre, et se fit proclamer généralissime. Il tint longtemps César en échec, remporta sur lui plusieurs avantages et le força à lever le siège de Gergovie; mais, après des prodiges de valeur, il vit le général ennemi s'emparer d’Avaricum (Bourges), sa principale place, perdit une grande bataille sur les confins des Lingons et de la Séquanaise, fut assiégé dans Alésie (Ste-Reine), son dernier refuge, et forcé à se rendre (58). Vercingétorix orna le triomphe du vainqueur, et, après avoir langui 6 ans en prison, fut étranglé (46). Une statue a été élevée au sommet d'Alésie à ce dernier défenseur de la liberté gauloise (1864). Ribauld de La Chapelle, en 1834, et le capitaine Girard, en 1864, ont écrit la Vie de Vercingétorix.

VERDE (SIERRA-), montagnes du Mexique, forment la continuation méridionale des monts Rocheux. C'est une partie de la grande arête qui sépare le versant de l'Atlantique de celui du Grand-Océan.

VERDEN, Ferda, Tulifurdum, v. des États prussiens (Hanovre), ch.-l. de la principauté de Verden, sur l'Aller, à 31 kil. S. E. de Brême; 3500 hab.

VERDEN (duché de BRÊME-ET-). V. BRÊME.

VERDET (Émile), physicien français, né à Nîmes en 1824, m. en 1866 ; a professé à l'Éc. normale et à l'Éc. polytechnique; a laissé des travaux importants sur l'optique et l'électricité. Ses élèves ont publié ses Œuvres, 8 vol. in-8.

VERDETS, compagnies royalistes secrètement organisées après le 9 thermidor dans le midi de la France, notamment à Toulouse : ainsi nommées parce qu'elles portaient au bras un ruban vert. On leur attribue plusieurs massacres après thermidor et en 1815.

VERDON (le), riv. de France, naît au S. de Barcelonette, coule au S.. puis à l'O., passe à Colmars et à Castellane, sépare les dép. des Bses-Alpes et du Var, et tombe dans la Durance après un cours de 160 kil.

VERDUN, Verodunum, ch.-l. d'arr. (Meuse), sur la Meuse, à 46 k. N. N. E. de Bar-le-Duc et à 244 k. E. de Paris; 12 394 hab. Place forte, citadelle, bâtie par Vauban. Évêché, trib. de 1re inst. et de commerce, collége, musée de tableaux et d'antiquités. Liqueurs, confitures, anis et dragées renommées. Ane. abbaye de Bénédictins, dite de St-Vanne (V. ce nom) — Ville anc. déjà importante au temps des Romains; conquise par Clovis en 602 ; prise au Xe s. par Othon le Grand, elle fit depuis partie de l'empire d'Allemagne, avec titre de ville impériale. C'est un des Trois-Évêchés que Henri II réunit à la France en 1552. En 1792, les Prussiens, aidés par un parti qui dans la ville favorisait l'invasion, s'en emparèrent, mais ils ne l'occupèrent que 43 jours, et ceux qui les avaient aidés furent cruellement punis; en outre, plusieurs jeunes filles, qui étaient allées supplier le roi de Prusse d'épargner la ville, furent impitoyablement mises à mort. Verdun est la patrie de Chevert, qui y a une statue, et du grammairien Beauzée. — Les fils de Louis le Débonnaire conclurent à Verdun en 843 un célèbre