Page:Bourdeau - Tolstoï, Lénine et la Révolution russe.djvu/18

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Tolstoï était allé faire une cure de repos cluez les Bashkirs, dans la steppe, boire le lait fermenté, respirer en pleine nature. De passage à Moscou, il grondait son frère qui venait de perdre au club sept mille roubles et il en perdait mille le lendemain, payés grâce à son manuscrit des Cosaques. Ue grosses dettes de jeu l’avaient jadis obligé à vendre sa maison natale, construction de bois emportée et remontée ailleurs.

II

En 1862, Tolstoï, entré dans sa trente-quatrième année, las de l’existence qu’il menait, demandait en mariage une des filles d’un médecin de la cour, le (Jocteur Behrs. Agréé, il faisait verser à sa fiancée d’abondantes larmes en lui donnant à lire les aveux de ses égarements passés. Dès lors, sa vie semblait définitivement fixée. La demeure d’Yasnaïa Poliana se remplissait bientôt d’enfants. Propriétaire seigneurial, il surveille ses terres, accroît ses troupeaux, élève ses chevaux, se livre à la chasse, qu’il ne réprouve pas encore comme un plaisir cruel, s’occupe de son potager, de sa distillerie, de ses abeilles. Il achète, pour les défricher, des terres lointaines, à Samara ; l’hiver, à Moscou, la vie mondaine succède aux plaisirs champêtres. C’est dans cette atmosphère d’apaisement et de charme, qu’après avoir