Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/91

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pour cela des raisons particulières qui ne sont pas négligeables. Mais que ce soit triste pour nous, c’est une chose évidente. Il laissera derrière lui cette charmante petite fille qui est ici, et sa femme, qui a déjeuné avec nous. Vous l’avez vue : jolie, intelligente, fine, toutes les qualités. Elle se désole, et nous la consolons comme nous pouvons. Mais quoi ! Il reviendra de Mandchourie, et c’est un mauvais rêve que nous aurons fait, voilà tout.

Par elle, j’apprends aussi les habitudes du comte Tolstoï. Il travaille le matin, tous les matins de l’année, sans répit et sans lassitude, fait à trois heures, seul, une légère collation, sort pour sa promenade quotidienne, rentre pour travailler, dîne à six heures à la table de famille, passe la soirée avec les siens et se couche tard. Cette promenade, il la fait chaque jour, par la pluie, le vent ou la neige. Outre qu’elle lui est ordonnée, c’est chez lui un très ancien besoin, et il n’y renoncera que le jour où ses forces l’abandonneront tout à fait. Dieu merci, ce temps ne semble pas prochain. Il a gardé, avec