Page:Bourotte - Le Devoir, 1867.djvu/4

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Relis
« Marraine, à quoi vas-tu rêvant
« Par les sentiers égrenant ton rosaire
« Sous les grands bois, les pieds dans la bruyère,
« L’âme endormie et les cheveux au vent ?
« Réveille-toi ! Viens regarder le monde
« S’épanouir dans une ère féconde
« Que, devant elle, ouvre l’humanité !
« Viens partager l’ivresse de la foule.
« Viens t’abreuver au grand fleuve qui coule :
« Son onde vive est la Prospérité !
« Les préjugés, ces entraves mortelles,
« Laissent la place au libre essor de tous.
« Plus d’opprimés, de faibles, de jaloux :
« Tous ont leur coupe aux agapes nouvelles ! »


C’est vrai, filleul. Je vois de toutes parts
L’éclat du luxe éblouir les regards…
Comme un miroir qui prend les alouettes ;
Je vois prétendre aux mêmes dignités
Grands et petits, riches, déshérités,
Humbles profils et fières silhouettes.
Je vois enfin se draper comme un roi
Dans sa grandeur ce siècle de génie
Et je l’entends incessamment qui crie
Avec orgueil : « La lumière, c’est moi ! »