Page:Bouton - La Patrie en danger au 25 février 1848.djvu/57

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Au premier mot de ce petit homme grêle, à la tête grisonnante, aux vêtements usés sur les planches des cachots et conservant dans ses yeux les éclairs d’un feu sombre, un frémissement secret parcourut l’assemblée.

— « Citoyens, dit Blanqui à ce monde allumé, ne mettons pas la République en danger. L’heure n’est pas encore venue d’en appeler au peuple des décrets de l’Hôtel de Ville. Ils ont marché lentement, mais enfin ils ont marché, et ils ont promis satisfaction à nos droits. Si nous affichons cette proclamation, Paris pourrait se lever tout entier et déraciner l’Hôtel de Ville dans sa fureur, et qui sait ce qu’il en adviendrait. Toute réflexion faite, il faut ajourner notre projet. »

Une explosion de cris d’étonnement accueillit cette tortueuse harangue, et je retombai anéanti sur mon siège. Blanqui avait apaisé la tempête qu’il avait soulevée.

Cinq cents hommes armés, tout chauds encore de l’émeute et dans l’enivrement de la proclamation de la République ; cinq cents hommes, les plus hardis que renfermât Paris, les plus rompus aux tentatives, ayant joué plus d’une fois