Page:Bravat - Essai sur la race bovine gasconne.djvu/36

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

Il faut faire des cultures dérobées à la fin de la saison, faire une place dans les assolements à diverses plantes que chacun choisira pour sa terre, à savoir : le trèfle des prés, la luzerne, le sainfoin. On peut aussi faire entrer dans les assolements les tubercules, tels que la pomme de terre, le topinambour. Il en est de même des racines charnues, telles que la carotte, le panais, le navet, la betterave, la rave, le rutabaga. Ces racines et ces tubercules sont d’un grand secours pour la nourriture d’hiver du bétail, parce qu’on peut très bien les conserver pour cette saison. Les cultures dérobées que l’on ferait après la moisson, les diverses plantes qu’on ferait entrer dans la rotation, la culture des tubercules, tout cela permettrait d’économiser beaucoup de foin et de nourrir très bien à toute saison un nombre plus considérable d’animaux, dont la valeur compenserait celle représentée par la quantité de grains qui aurait été supprimée.

Disons maintenant deux mots de la distribution des aliments. On ne doit pas la négliger dans la première jeunesse. Quand on commence à sevrer un veau, il faut peu à peu l’habituer à se passer du lait de la mère en lui donnant d’autres aliments dont la quantité augmente graduellement de jour en jour. On commence à lui donner des bouillies, puis insensiblement des farineux et enfin un peu de fourrage, en même temps qu’on diminue graduellement sa ration de lait maternel. De cette manière il se sèvre de lui-même sans qu’on ait besoin d’avoir recours à ce moyen barbare de muserole à pointes, dangereux pour la mère et le petit, de même que pour les autres bestiaux qui sont leurs compagnons de pâturage.

Une fois sevré, le jeune élève est astreint à se nourrir seul et c’est alors que l’intervention de l’homme lui est d’un grand