Page:Bremer - La Vie de famille dans le Nouveau-Monde vol 1.djvu/312

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
296
LA VIE DE FAMILLE

chèrent à chasser les Indiens de la Floride pour les faire émigrer vers l’Ouest dans l’Arkansas. La partie de la Floride méridionale possédée par les tribus sauvages des Séminoles et des Creeks, et d’où ils inquiétaient sans cesse les colons blancs, a des forêts presque entièrement composées de Pinus Australis, sorte de pin très prompt à s’enflammer, à raison de son bois résineux ; il est de taille moyenne, on l’abat facilement. L’Arkansas, qui est sur la rive occidentale du Mississipi, a surtout des forêts de chênes, il touche aux steppes sauvages (séjour actuel des Indiens de l’Amérique du Nord), son climat est rude. C’est pourquoi Oseconehola, la chef des Séminoles, répondit aux propositions et aux menaces qu’on lui fit, ainsi qu’à sa tribu, de la part du gouvernement des États-Unis : « Mon peuple est habitué à l’air chaud, aux lacs et aux rivières de la Floride, au pin inflammable et facile à abattre ; il ne pourra pas vivre dans un climat glacé où il n’y a que des chênes, et, ne pouvant pas abattre ces grands arbres, il mourra de froid. » Lorsque enfin on lui donna le choix entre une guerre ouverte avec les États-Unis, ou de signer le contrat qui le chassait, ainsi que son peuple, de la Floride, Oseconehola enfonça son poignard dans cet acte en disant : « Je brave les États-Unis pendant cinq ans ! » Et la lutte entre les Indiens de la Floride et l’armée américaine dura cinq ans ; beaucoup de sang fut répandu de part et d’autre. Les Indiens étaient toujours en possession du pays ; il leur appartiendrait peut-être encore si Oseconehola n’avait pas été fait prisonnier contre le droit des gens et par trahison. Il était venu, sous la protection du drapeau blanc, parlementer avec le général espagnol Hernandez. Cette trahison est bien le fait des Espagnols, mais il paraît que les officiers américains ne l’ignoraient pas ou