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TROISIÈME PARTIE.
chronologie proprement dite.

Après avoir étudié la chronologie historique, c’est-à-dire les dates fondées sur les règnes des rois, il ne sera pas hors de propos de placer ici quelques observations sur les notes chronologiques, qui sont jointes aux années des rois, ou qui se présentent isolément, nous voulons parler de l’année de l’Incarnation, de l’indiction, de l’olympiade, etc.

1o Année de l’Incarnation.

La plus importante de ces notes, celle qui par la suite a dépassé toutes les autres en importance, est l’année de l’Incarnation, encore fort peu employée aux ixe et xe siècles. En effet, nous n’en avons trouvé que 40 exemples dans plus de dix-sept cents chartes qui composent les tomes I et II des Chartes de Cluny, savoir : Nos 2[1] (813), 31 (887), 33 (888), 64 (898), 70 (900), 78 (902), 105 (909), 223 (920), 242 et 245 (924), 285 (927), 417 (934), 491 (939), 627, 628 et 631 (943), 724 (948), 738 et 743 (949), 824 et 825 (952), 864 (953). Dans le tome II : Nos 993, 1004 et 1007 (956), 1021 et 1038 (957), 1052 (958), 1078 (960), 1127 (962), 1156 (963), 1262 (969), 1297 (971), 1450 (978), 1494, 1500, 1501, 1502 (979), 1553 (981) et 1715 (985). On peut remarquer que dans cette période de plus de 170 ans, l’usage de l’année de l’Incarnation n’est pas borné aux diplômes[2], mais qu’il tend à se répandre de plus en plus dans les actes privés ; elle se présente d’ailleurs presque toujours comme l’accompagnement de l’année du règne.

Une dernière remarque sur l’année de l’Incarnation, c’est qu’elle commençait encore au 1er janvier en Bourgogne au xe siècle. Nous en avons pour preuve la charte no1078, datée du mercredi 11 janvier 960, qui correspond bien en effet à l’année 960,

  1. Les nos gras sont ceux des diplômes.
  2. Les diplômes datés de l’an de l’Incarnation sont au nombre de 14, dont 1 de Louis le Pieux, no2, acte apocryphe ; 1 de Rodolphe Ier, no33, 4 de Louis l’Aveugle, nos70, 223, 242, 245 ; 1 de Raoul de France, no285 ; 1 de Hugues et Lothaire, no417 ; 5 de Conrad, nos627, 628, 631, 1052, 1127, et 1 de l’empereur Othon Ier, no1262.