Page:Buckland - La Géologie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle, 1838, tome 2.djvu/75

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


D. a. g. E. a. g. Apophyses épineuses. On voit que le mode particulier d’articulation de leurs portions annulaires

    Ce second coin remplissait les fonctions d’un état paissant, destiné à supporter la portion inférieure de l’atlas, et à lui permettre en même temps le peu de mouvement qui lui était nécessaire.

    c′. Tête du coin sous-vertébral (c), renforcée par un tubercule saillant d’une substance osseuse solide.

    Fig. 5. Surface articulaire presque aplatie d’une troisième vertèbre provenant probablement du même grand individu que la fig. 3. Cette surface n’offre à son centre qu’une petite dépression cylindrique, au lieu d’une cavité profonde et conique en forme de coupe, comme dans les vertèbres plus flexibles C, B, E.

    Près du bord supérieur se trouve une saillie en forme de coin, et, près du bord inférieur, une entaille ou sillon (a). Ces deux portions saillantes et rentrantes s’articulent avec des dépressions et des saillies qui leur correspondent dans la face opposée de la vertèbre adjacente, et ce sont des sortes de pivots qui limitent les mouvemens de flexion latérale, en même temps qu’ils empêchent aucune dislocation, aucun glissement des os les uns sur les autres.

    Fig. 6. Surface concave de la vertèbre représentée fig. 5. L’apophyse cunéiforme qui se voit près de son bord inférieur (a) a dû s’articuler avec une entaille ou dépression de la face opposée de la vertèbre adjacente, telle qu’on en voit en a de la figure 5. Comme une face seulement de ces vertèbres est creusée d’une cavité conique, la substance intervertébrale a dû avoir la forme d’un cône simple, et ne permettre aux vertèbres du cou que la moitié du mouvement que les doubles cônes de substance intervertébrale permettent aux vertèbres dorsales et caudales (C, B, E), qui avaient besoin d’une flexibilité plus grande pour que les mouvemens de progression pussent s’effectuer par les vibrations du corps et de la queue.

    Il y a, dans la coïncidence de ces dispositions des facettes articulaires des vertèbres cervicales avec l’existence des trois coins sous-vertébraux que nous venons de décrire, un exemple d’un ensemble d’arrangemens calculés pour que dans le Cou de ces reptiles gigantesques se trouvât combinée tout à la fois une flexibilité moindre avec un accroissement de puissance en rapport avec le poids de leur énorme tête.

    Il est probable que chaque espèce d’ichthyosaure offrait des modifications particulières dans les détails de ses vertèbres cervicales et des coins sous-vertébraux ; et qu’en outre, dans chaque espèce en particulier, ces diversités elles-mêmes éprouvaient des modifications avec l’âge.

    M. Mantell a tout récemment observé que la première vertèbre caudale du gavial est doublement convexe, ainsi que cela se voit dans la dernière vertèbre cervicale des tortues. Cette disposition particulière procure aux animaux qui la possèdent une grande flexibilité de l’une ou de l’autre de ces parties.