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Pontivy, en France, pour Pondichéry, dans l’Inde.

Entre parenthèses, je ferai remarquer à un correspondant anonyme, qui me prend à partie, « qu’aller à dire » est une expression dépourvue de logique et de bon sens, et je vais le lui faire toucher du doigt. « Aller à »… implique une conclusion à tirer de ce qui est dit, une intention ou un sens manifeste contenu dans ce que l’on n’énonce que vaguement. Ainsi l’on dira très-bien : « Ce que je dis va à faire croire, va à démontrer, va à faire voir, va à justifier, va à corrompre, va à attaquer »… mais que ce que je dis aille à dire, oh ! oh ! c’est tout simplement absurde.

Un peu de grammaire raisonnée et d’intelligence de la langue vaut bien mieux qu’une colonne de citations, surtout quand cette colonne ne sert qu’à démontrer son insuffisance ou sa suffisance, comme on voudra.

Du reste, à propos de cette expression, comme de tant d’autres que j’ai relevées, je n’ai eu en vue qu’un objet utile, celui de corriger des abus ridicules, de combattre notre tendance à l’anglicisation et de débarrasser notre langue des locutions, des tournures de phrase, des constructions qui lui sont le plus étrangères, loin d’avoir cherché à poser et à fendiller des cheveux pour donner aux badauds une haute idée de ma linguistique. Je ferai remarquer encore en passant qu’anglicisation n’est point