Page:Buies - Anglicismes et canadianismes, 1888.djvu/78

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qui leur sont absolument étrangères ; ce sont les constructions de phrases qui démolissent non seulement les règles de la syntaxe, mais encore la raison la plus vulgaire, le bon sens le plus commun, au point qu’en lisant ces effroyables gâchis, ces inqualifiables galimatias, on se demande si les Canadiens ne sont pas une espèce à part qui a trouvé moyen de créer une langue sans règle, sans logique, sans liaison, sans aucune des parties essentielles qui constituent toute langue écrite.

Vous allez dire que j’exagère ! Eh bien ! lisez-moi le document suivant, dont le style est à peu près le même que celui d’une foule d’autres documents de cette nature, et je vous défie de le comprendre si vous n’êtes pas canadien. Il s’agit d’une série de « résolutions » adoptées dans une assemblée tenue à Québec au sujet du terminus du chemin de fer du Pacifique.

Résolu que… (pas intelligible, mais qu’importe ! Il est entendu que cela veut dire quelque chose.)

À propos de « Résolu et de Résolutions » je ferai remarquer que, dans la plupart des cas, c’est le mot considérant, soit au singulier, soit au pluriel, qui exprime exactement en français ce que l’on veut exprimer dans l’anglais.

1° Cette assemblée est d’opinion qu’afin que le peuple du Canada obtienne l’équivalent (quel équivalent ? c’est un équivalent que vous voulez