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la province de Québec

par les rivières contribuent aussi à inégaliser le profil de la côte labradorienne ; la Betsiamis, la rivière des Outardes, la Manicouagan, la Moisie, la Mingan, la Saint-Augustin, la rivière des Esquimaux, d’autres encore, se ramifient dans la mer en petits deltas de sables et de vases. Dans leur cours supérieur toutes ces rivières se ressemblent par leurs enchaînements de lacs, leurs cascades et leurs rapides.

Tous ces cours d’eau sont extrêmement poissonneux ; le saumon et la truite y abondent. Entre ces grands cours d’eau, il existe une multitude de petites rivières, plus poissonneuses encore que les grandes ; toutes sont pêchées au filet par les riverains.


« Le Grand-Nord, » dit M. Henri de Puyjalon dans un intéressant rapport adressé l’an dernier au ministre des Terres, Forêts et Pêcheries, « est cette partie du Labrador, appartenant à la province de Québec, qui s’étend depuis Kegaska (61°20’) à l’ouest, jusqu’à Blanc-Sablon (57°07’), limite de la province à l’est. Sur la totalité de ce parcours la côte est perpétuellement découpée, pénétrée, échancrée par des anses et des baies étroites, longues, souvent très profondes, presque toujours cachées aux yeux des navigateurs du large par de nombreuses îles et d’innombrables îlots.

« Pour le marin étranger à ces parages, rien n’est plus effrayant que la côte du Grand-Nord, lorsqu’il l’aperçoit de la haute mer en un jour de tempête. Il ne voit qu’une ligne ininterrompue de récifs où les