Page:Buies - La Province de Québec, 1900.djvu/92

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L’absence des écoles professionnelles ou d’application scientifique a longtemps empêché les Canadiens-Français de connaître ou d’apprécier à leur valeur véritable les ressources étonnantes de leur pays ; qu’ils réussissent enfin à avoir des écoles de cette nature, qu’ils puissent enfin ouvrir le grand livre des sciences appliquées, eux qui sont si singulièrement bien doués et si ingénieux en ce qui concerne l’intelligence et l’emploi des forces et des inventions mécaniques, et l’on peut assurer qu’ils se feront et garderont une large place dans les conditions futures des populations nord-américaines.


III


Une des grandes causes qui avaient le plus longtemps fait obstacle à la colonisation bas-canadienne, c’était la légende du climat, obstinément présentée comme étant trop rigoureux pour les habitants de l’Europe. Grâce à cette légende, on se donnait beau jeu contre la province de Québec, tandis que celle d’Ontario, qui comptait à peine quelques milliers d’habitants au commencement de notre siècle, se peuplait à vue d’œil ; il lui avait suffi d’une cinquantaine d’années pour dépasser numériquement la province voisine, qui portait alors le nom de Bas-Canada et qui lui était politiquement unie, avant que fût fondée la Confédération canadienne. Celle-ci devait plus tard embrasser toute l’Amérique britannique du nord, à l’exception de la grande et brumeuse île de Terre-Neuve.