Page:Buies - La presse canadienne-française et les améliorations de Québec, 1875.djvu/14

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de St. Just, qui vient de faire une exploration dans le Nord-Ouest, et à qui certaines mauvaises langues veulent ôter tout le mérite de ce voyage en prétendant qu’il y est allé pour découvrir quelque nouvelle situation de famille, quelque neveu ou quelque cousin égaré dans ces vastes solitudes, trop loin de son département protecteur.

C’est la géographie, Messieurs, cette noble science qui faisait dire, à l’ouverture du congrès dont je parlais plus haut, par son président l’amiral de La Roncière :

« La Providence nous a dicté l’obligation de connaître la terre et d’en faire la conquête. Cet ordre suprême est un des devoirs impérieux prescrits à notre intelligence et à notre activité. La géographie, cette science qui inspire de si beaux dévouements, et à laquelle se sont immolées tant de victimes, est devenue la philosophie de la terre.

« Quelque diverses que puissent être nos origines et nos tendances, nous sommes d’accord pour reconnaître à combien de branches des besoins de la vie humaine se rattache la géographie, soit dans le domaine de la pratique, soit dans le domaine de la théorie. »

Je reviens à ce que je disais tout-à-l’heure, messieurs, et j’irai plus loin encore. Personne ne contestera sans doute que la connaissance du français et de l’anglais ne soit notre premier besoin. Eh bien ! depuis douze ans que je suis intimement lié au journalisme, j’en suis encore à trouver un jeune homme sortant de nos collèges et se livrant à cette carrière, qui puisse faire une traduction supportable, voire même des dépêches télégraphiques, et qui n’y introduise pas invariablement d’énormes fautes de géographie et d’histoire, qui supposent l’absence des notions les plus élémentaires. Et, quant aux sciences exactes, tout le monde reconnaîtra avec moi que, à part la médecine pour laquelle il y a des cours réguliers, le Canada n’a pas encore produit un seul