Page:Buies - Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean, 1896.djvu/206

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et le sable emportés par les torrents après le cataclysme qui a bouleversé toute cette région. Cependant, il en a reçu une certaine quantité qui a été déposée au fond de son lit : mais là où les montagnes s’abaissant, comme au Portage-des-Roches, ont cessé d’offrir une protection contre les torrents, le lac, ou plutôt la crevasse primitive a été bouchée par d’énormes amas d’alluvion, de sable et de terre végétale ; c’est ainsi qu’a été formée la partie du pays située entre le lac et la Grande-Baie. Toute issue vers le Saguenay lui étant ainsi interdite, le lac Kenogami a dû chercher un autre passage à ses eaux, et c’est de là qu’a pris naissance la rivière Chicoutimi, décharge principale de ce lac.




À l’autre extrémité, c’est-à-dire au Beau-Portage, commence la division des eaux, de celles qui coulent vers le Saguenay d’avec celles qui coulent vers le lac Saint-Jean. Là, le lac Kenogami débouche secrètement sous terre par une coulée, et reparaît sous la forme d’un gros ruisseau qui passe par un petit lac appelé Claire et qui alimente le lac Kenogamichiche, à un mille et demi plus loin.

Autrefois, le lac Kenogami, dont l’ancienne orthographe est « Quinongamingue », ce qui veut dire « lac long », du mot indien Tsinogami, renfermait une plante curieuse : c’était la lobélie tubulaire, dont les feuilles restaient entièrement submergées, tandis que sa corolle, d’un bleu