Page:Buies - Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean, 1896.djvu/25

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Cette vaste étendue est loin d’avoir été entièrement mesurée ; bon nombre des cantons qui la composent n’ont pas en réalité de délimitations, quoique des délimitations soient figurées sur la carte ; ils sont simplement à l’état de projet, tandis que certains autres ont été mesurés et allottés partiellement. Ainsi, en partant de Tadoussac et en descendant le fleuve Saint-Laurent, nous avons les cantons Tadoussac, Bergeronnes, Escoumins et Iberville qui se suivent. Plus loin, on ne voit plus trace de culture, mais simplement quelques établissements de pêche échelonnés çà et là sur la côte, et des concessions de terrains miniers.

Ainsi, nous parcourons les cantons Laval et La Tour, qui sont absolument inhabités, puis celui de Betsitamis, célèbre pour la mission annuelle qui s’y fait le 15 août, et à laquelle se rendent tous les Indiens dispersés dans l’intérieur et sur la côte nord du fleuve. Ces Indiens ont aussi, sur la rive ouest de la rivière Betsiamis, une réserve composée d’une cinquantaine environ de chaumières, mais où ils ne séjournent guère qu’une partie de l’année, tout le reste du temps se passant en excursions de chasse et de pêche. C’est au milieu de cette « Réserve » que les Pères Oblats ont élevé, il y a 10 ans, une « mission » permanente où ils viennent se reposer de leurs longues courses et de leurs pénibles travaux apostoliques. Ils ont réussi, après de patients efforts, à fertiliser le sol ingrat