Page:Buies - Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean, 1896.djvu/296

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l’établissement de la rivière Grandmont : aujourd’hui, c’est une paroisse florissante, qui ne compte pas moins de mille habitants[1].




Traversant toute cette paroisse est un chemin qui va directement de la petite Décharge à Hébertville. C’est un beau chemin de douze milles de longueur qui passe par un admirable pays portant les empreintes multiples d’une catastrophe dont la main caressante du temps a fait disparaître l’horreur en lui laissant la beauté. Partout se dressent sous le regard des mamelons épais, formés de terre d’alluvion, au milieu desquels serpente, descend et monte le chemin ; en même temps s’étalent des rochers de toute forme, qui prennent les attitudes les plus diverses, tout en conservant invariablement la même surface polie et comme satinée, que nous avons déjà remarquée ailleurs. On voit les mille méandres de la Belle-Rivière, qui arrive à se jeter dans le Lac après avoir couru follement le long de coteaux abruptes, au fond des précipices ou sur de verdoyants tapis dorés par le soleil. Les aperçus que, de temps à autre, on a du Lac, à mesure que l’on chemine sur la route d’Alma, sont ravissants ; à peine s’est-on éloigné des rives que l’on est frappé à la vue d’un vaste plateau de terre végétale, parfaitement

  1. Les céréales y donnent de beaux rendements. Le cinquième environ des terres est défriché ; les quatre autres cinquièmes sont également fertiles. Saint-Gédéon sera un jour une des riches paroisses du Lac Saint-Jean.