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québec en 1900

Si l’on se rappelle un instant, que la moitié au moins, les uns disent les deux tiers, de la quantité de bois fait par les marchands de bois de Québec est expédiée par eux du port de Montréal, on se fera une idée de l’importance capitale qu’il y a pour nous à voir s’établir la ligne de Parry Sound, d’autant plus que le Canada Atlantique a fait des conventions très définies et très explicites par lesquelles il s’engage vis-à-vis la Cie du Lac Saint-Jean, si la ligne de Parry Sound est construite, à établir des taux de fret si bas qu’il faudra absolument que le bois reprenne la route de Québec, ce que, je l’espère bien, personne ne cherchera à empêcher, malgré le mal qu’on se donne pour empêcher quoi que ce soit de venir jusqu’à nous.


Messieurs, en présence d’une perspective qui prend de telles proportions, on sent le besoin de s’arrêter un instant et de songer. Voyez-vous un peu d’ici cet énorme trafic de grain et de bois qui, partant du fond de l’Ouest américain et de la vaste région de la Muskoka, vient déborder sur nos quais et sur la jetée Louise, où les plus grands steamers océaniques, se remplaçant sans cesse les uns les autres, prendront sans discontinuer, pendant huit mois de l’année, des cargaisons toujours prêtes, amenées à toute heure du jour par les trains du Grand Nord et du Parry Sound ? Vous représentez-vous un peu le mouvement, la vie, le développement d’affaires, les créations d’industries de toute sorte qu’un trafic incalculable comme celui-là apporterait en moins de deux ou trois années à notre ville ? Voyez-vous Québec s’ouvrir et s’étendre dans tous les sens, surtout le