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québec en 1900

long de la rivière Saint-Charles, où il y a de l’espace à volonté, et le long même des quais actuels qui, avant longtemps, vont être confondus avec la terre ferme, pendant qu’à quelques arpents plus loin dans le fleuve s’élèvera une nouvelle ligne de quais en pierre de taille, ceinturant toute la basse ville et se prolongeant au loin vers le Cap Rouge ? Et ce ne sera là encore que le commencement ; car le commerce appelle le commerce et l’industrie enfante l’industrie. D’autres grandes exploitations suivront bientôt. À celle du bois et du grain viendra se rattacher presque à coup sûr celle des bestiaux et des moutons qui pourront être expédiés de Québec en quantités illimitées, après avoir fait un court séjour dans des parcs aménagés à cet effet de l’autre côté de la rivière Saint-Charles.

Et croyez bien, messieurs, que si je parle de ces exploitations futures qui ont l’air d’être des rêves ou de complaisantes chimères, c’est parce que je les pressens, c’est parce que je les vois. Et si je les vois, avec les yeux de l’intérieur, si je les pressens si fortement qu’il me semble que j’assiste à leur réalisation, c’est qu’elles sont dans la nature des choses, c’est qu’il est tout naturel qu’elles arrivent, c’est qu’elles sont en quelque sorte fatales, le jour où la construction de la ligne de Parry Sound sera complétée et que celle du Grand Nord ne formera qu’un tout non interrompu.

III

Qu’on dise et qu’on fasse tout ce qu’on voudra, Québec est le futur grand port de mer de l’Amérique canadienne. Et pourquoi ? C’est qu’il occupe à peu près le centre