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québec en 1900

jour où les habitants viennent en foule de toutes les campagnes environnantes, avec leurs produits qu’ils étalent jusque sur la rue, une rue qui n’a pas seulement vingt-cinq pieds de largeur et qui fait un coude précisément à deux pas de là, afin que les agréments de l’endroit soient complets ? C’est alors que ça devient comme une collision générale, et cette collision dure au moins toute une matinée ! Un arpent plus loin, tout au plus peut-être, là où a été élevé le vaste et magnifique magasin de M. Thibaudeau, la rue Dalhousie s’ouvre subitement jusqu’à une largeur de soixante pieds et se prolonge ainsi jusqu’à la jetée Louise. On a dépensé pour cet élargissement je ne sais combien de milliers de dollars, mais on a eu bien soin de laisser la rue, avec ses vingt-cinq pieds de largeur à peine, là où précisément il aurait fallu l’élargir d’au moins quatre-vingts pieds.

La conclusion de ceci, c’est qu’il faut jeter à terre le marché Finlay, sans retard aucun, et transporter sur le terrain qu’il occupe tous les bureaux qui barricadent en ce moment l’autre côté de la rue. Il faut laisser le rivage libre, pour qu’on y puisse construire des quais, y manœuvrer à l’aise, y débarquer le fret, y apporter ou y écouler sans encombre des chargements de toute nature ; enfin, permettre qu’on puisse s’y remuer, si l’on veut que le commerce soit attiré là comme ailleurs et que cette importante section de notre rivage, si avantageusement située, soit utilisée sérieusement.


Le 3 mai de cette année, je me suis trouvé à la traverse justement comme il arrivait par le Pacifique une cargaison