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québec en 1900

chez nous, allons leur faire concurrence jusque chez eux, mais… avec des Canadiennes.

Déjà certains de nos nationaux sont établis au Japon, au Tonkin ; on les trouve partout. En voilà même qui viennent de partir en expédition pour l’Alaska. Eh bien ! Vous allez voir là, au milieu des glaces, une paroisse canadienne avant dix ans. Et puis, nous ne faisons que commencer, nous, tandis que les Chinois achèvent. Voilà plus de cinquante siècles qu’ils font ce jeu-là, et, nous, à peine plus de deux. Encore quarante-huit siècles devant nous !…

Un autre abus à réformer, Messieurs, c’est le vent de nord-est. En voilà un gaillard qu’il va être difficile de mettre à la raison ! Chose singulière ! Cet exécrable et inévitable coucheur n’avait guère fait son apparition de tout l’hiver, laissant le champ libre au vent de nord-ouest, qui, lui, s’en est donné à son saoûl et nous a glacés pendant les quatre premiers mois de 1893. Mais comme le nord-est s’est rattrapé au printemps ! Quelle belle fureur ! Quel déchaînement de toutes les outres célestes, accompagné de tous les brouillards qui ont pu se ramasser dans le golfe pour venir fondre sur nous, en bavant la tempête sur toutes nos côtes !

Le nord-est, par son caractère agressif, violent et brutal, est une cause d’horripilation et d’épouvante pour les Québecquois. Mais raisonnons juste. C’est précisément par sa violence même que ce vent-là nous a rendu d’incalculables