Page:Buies - Québec en 1900, conférence, 1893.djvu/50

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

50
québec en 1900

Il y a un peu plus de vingt ans, nous avions encore les 2 vieilles portes, ces espèces de trous noirs, cintrés et voûtés, dans lesquels voitures et piétons semblaient disparaître et être engloutis, quand ils y entraient. Et pourtant on les a enlevées ! Et pourtant ces vieilles portes représentaient bien autre chose que les remparts actuels ! Est-ce que tout le monde n’est pas content aujourd’hui de leur disparition ? Notre glorieux passé en a-t-il souffert ? Cette amputation indispensable a-t-elle diminué en quoi que ce soit l’originalité, le prestige et le cachet de notre ville ? Au contraire, elle les a de beaucoup augmentés, en ouvrant librement la vue sur les plaines d’Abraham, sur le chemin St-Louis jusqu’à Sillery, et sur la vallée de la rivière St-Charles jusqu’aux premiers contreforts des Laurentides.

Jadis, le mur qui surmonte l’arête du cap, le long de la rue des Remparts, entre l’Université Laval et la Côte du Palais, avait douze à quinze pieds d’élévation, et il était percé, à mi-hauteur de la Côte de la Ste-Famille et de celle du Palais, de deux infectes portes avec leurs corps-de-garde noirs et chassieux, qui donnaient à la ville une physionomie renfrognée et l’aspect d’un deuil sale. On ne pouvait rien apercevoir au-delà de ce mur, si ce n’est les sommets les plus élevés des Laurentides. Est-ce que c’était bien pittoresque, cela ?

On a réussi, après force instances et remontrances, à faire abaisser ce mur d’une dizaine de pieds, en sorte qu’il n’en a plus maintenant que trois environ de hauteur. On a posé un trottoir au pied de ce mur, ce qui permet aujourd’hui d’aller tout le long des remparts jusqu’au Palais, chemin