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québec en 1900

jadis impraticable. On a tellement diminué le monticule qui se terminait en escarpement au bout de ce chemin qu’aujourd’hui on s’aperçoit à peine de la légère déclivité qui subsiste, et puis on a ouvert au regard tout l’immense panorama qui s’étend de l’Ancienne Lorette à Ste-Anne de Beaupré.

Quelqu’un prétendra-t-il que le pittoresque et le cachet de notre ville n’ont pas énormément profité de cette amélioration ?

Eh ! messieurs, je n’en finirais plus si je me laissais aller à tout ce que comporte cette partie essentielle du sujet vaste et compliqué que nous traitons ici ce soir. Essentielle, dis-je, oui, certes, car s’il est une question d’une urgence pressante, impérieuse, s’il est une nécessité qui s’impose aujourd’hui et qui renversera avant peu toutes les résistances possibles, c’est celle de la circulation libre, c’est celle de toutes les rues des faubourgs se prolongeant sans obstacle jusqu’au cœur de la ville.

Il n’est pas nécessaire pour cela, vous le comprenez, de démolir entièrement les remparts. Oh ! non, personne d’entre nous ne serait capable d’un pareil sacrilège. Mais qu’on les éventre, qu’on leur fasse de larges brèches, qu’on élargisse la porte Saint-Louis au moins à l’égalité de la Grande Allée, qu’on jette à terre sans un pleur la porte Saint-Jean — elle en a assez fait couler, sans compter ceux qu’elle verse sur nos têtes depuis vingt-cinq ans ; — qu’on ouvre, en face du Palais Législatif, une large avenue, plantée d’arbres, qui aboutira à la rue d’Auteuil, qu’on prolonge les rues d’Aiguillon,