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récits de voyages

longues oppressions. Celle-ci est l’histoire toute récente des conquêtes paisibles de l’homme sur la nature, conquêtes dues uniquement à l’industrie patiente et à l’esprit d’entreprise. Telle nous apparaît aujourd’hui la petite ville naissante de Port Arthur.

Dès le dix-septième siècle quelques-uns des premiers pionniers du Canada avaient conçu l’idée que le lac Supérieur était la grande route devant conduire aux pays à fourrures de l’extrême Ouest. En 1656, deux Français, poussés par l’esprit d’aventure, des Groseillers et Radisson, explorèrent la côte nord du grand lac jusqu’à un endroit tout près de l’emplacement actuel de Port Arthur, d’où ils partirent pour se rendre à la rivière à la Pluie et au lac des Bois. En 1678, Daniel Greysolon se bâtit une habitation à l’embouchure de la Kamistiquia, dans la baie du Tonnerre, et commença le trafic des fourrures avec les tribus indiennes avoisinantes ; c’est donc à deux cents ans environ qu’on peut faire remonter l’origine de ce commerce dans le voisinage de Port Arthur, et les années qui suivirent lui apportèrent un développement tel qu’en 1770 il s’étendait déjà jusqu’aux « fourches » de la Saskatchewan. Près de la maison de Greysolon