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récits de voyages

prochent et s’éloignent tour à tour avec une égale fantaisie.

III


Si, en partant de Collingwood, au lieu de prendre un bateau de la « Collingwood and Lake Superior Line » on prend un des bateaux de la "Great Northern and Transit Company" on se rendra en ligne droite au « chenal du Nord » de la grande île Manitouline, et l’on suivra ce chenal, dans toute sa longueur entre le rivage de l’île et la côte nord du lac Huron, jusqu’à la rivière Sainte-Marie.

Sur un trajet d’une soixantaine de lieues environ, ce sera pour le voyageur une suite non interrompue de surprises et d’enchantements. Parvenu à la hauteur de l’île Manitouline, le bateau ne pourra plus se frayer un passage qu’à force de gymnastique et d’évolutions, nous oserions dire de cascades ; au milieu des innombrables îles, de toute grandeur et de toute description, qui sortent, pour ainsi dire incessamment, de l’abîme du lac, à mesure que l’on avance, surgissent inopinément, apparaissent et disparais-