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sur les grands lacs

sent, changent de forme et de position avec les mouvements du bateau, se montrent à l’avant, aux côtés, à l’arrière, et semblent vouloir accompagner gracieusement le voyageur jusqu’au terme de sa course, en le récréant d’une succession indéfinie de décors, de scènes à figures multiples et toujours changeantes.

Le capitaine Bayfield, de la marine royale anglaise, a constaté que l’on n’avait compté pas moins de vingt-sept mille îles, ainsi disséminées le long des rivages de la baie Géorgienne et du nord du lac Huron.

Les rivages de la terre ferme n’offrent qu’une suite ininterrompue de rochers granitiques, coupés ça et là de quelques maigres dépôts de terre végétale où cherchent piteusement à croître des rejetons dégénérés de nos forêts. Des vents fréquents et furieux balaient la côte, dénudent les rochers et glacent toute végétation dans son germe. Cette côte est déserte, à l’exception de quatre à cinq petits groupes de maisons qui entourent des exploitations minérales ou forestières, ou bien encore des postes de pêche ou de fourrures. À chacun de ces établissements le bateau arrête, soit pour prendre du bois, soit pour débarquer ou recevoir un passager, soit