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sur les grands lacs

l’esprit, avant que les yeux en aient pu rien découvrir.

Enfin nous voilà arrivés au sault Sainte-Marie. Il est neuf heures du soir, trop tard pour passer dans le canal, dont les écluses se ferment régulièrement tous les jours à six heures ; nous ne pourrons continuer notre route que le lendemain matin au lever du jour. Le steamer accoste le long du quai ; tous les passagers débarquent, et nous voilà nous promenant, rôdant dans la grande rue de la petite ville du Sault qui ne contient guère plus de 2500 habitants. Cette grande rue, c’est toute la ville ; en dehors d’elle il n’y a que des ruelles obscures qui conduisent aux quais ou en arrière, vers les résidences privées. La "main street" n’a peut-être pas dix arpents de longueur, mais elle renferme un excellent et grand hôtel — quelle est donc la petite ville américaine qui n’a pas un grand hôtel ? — spacieux, bien aéré, bien éclairé, blanc comme une robe de première communion, propre et luisant comme un louis d’or. Avec