Page:Bulletin de la société géologique de France - 1re série - 3 - 1832-1833.djvu/139

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qu’elles se seraient formées dans de grands lacs d’eau salée, comme on prétend que se forment les tourbières de l’Amérique.

3° Si des ossemens humains trouvés dans quelques contrées d’Europe, mêlés a ceux d’animaux éteints, ont montré dans le crâne une structure qui indique tantôt un rapprochement avec les races nègres, les Caraïbes ou les habitans du Chili, tantôt une compression de la tête, suite de l’usage prolongé de porter les fardeaux sur cette partie du corps, on doit remarquer que les ossemens humains trouvés dans des tourbières des Flandres et également mêlés à des os d’animaux perdus, n’ont point présenté des faits analogues. Ces os appartiennent à l’espèce humaine de la race caucasique, et ne sont pas sensiblement différens de ceux des habitans actuels des Flandres.

4° Ces faits assignent, par rapport à nos temps historiques, une très haute antiquité à l’époque de la formation des tourbières basses et de l’enfouissement dans leurs couches, de castors, d’aurochs, de cerfs, de loups, de chiens, de loutres et de quelques ruminans, fait qui semble démontré d’ailleurs par la disparition de l’espèce de castor depuis l’existence de l’homme. On peut donc en conclure avec quelque certitude, qu’à partir de ces temps éloignés jusqu’à nos jours, l’organisation de notre espèce n’a point changé dans nos climats, bien que des races entières d’animaux ont dû disparaître de notre sol.

M. W. Cooper a donné une notice détaillée sur le fameux gîte d’ossemens de Big-Bone-Lick, situé dans une vallée étroite du comté de Boone, dans la partie septentrionale du Kentucky, à 2 milles de la rive gauche de l’Ohio, et à 80 milles nord de Lexington.

Les os avaient été recueillis en 1804 par le docteur Goforth de Cincinnati ; en 1806 par le général Clark, par le musée de Cincinnati, et en 1828 par MM. Cooper et Cozzens. Le docteur S.-L. Mitchill a publié une note sur ces os dans le volume 11 du Medical Repository. M. Cooper y a déterminé les restes des animaux suivans.

1° Le Mastodon maximus, Cuv., dont le Tetracoulodon du docteur Godman n’en est qu’un jeune individu. Il observe qu’il n’y a qu’une espèce de Mastodon aux États-Unis.

2° L’Elephas primigenius de Blumenbach.

3° Le Megalonyx Jeffersonii, déjà indiqué par MM. Drake