Page:Bulletin de la société géologique de France - 1re série - 4 - 1833-1834.djvu/85

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du Mémoire, il se prononce contre ce qu’il appelle la partie théorique, après avoir fait observer que des alluvions saisies par les volcans modernes n’auraient pas pu former un cône de 500 mètres comme le Puy-de-Dôme ; il entre dans quelques détails relatifs au peu d’énergie qu’ont déployée ces volcans modernes dans la chaîne du Mont-Dore, tandis qu’elle a été très puissante dans celle des Monts-Dômes. Deux ou trois cratères seulement ont vomi des coulées autour des Monts-Dores ; ces feux étaient sur le point de s’éteindre : comment auraient-ils soulevé cette masse énorme qui a plus de deux lieues de longueur, et qui s’élève à plus de 600 mètres au-dessus du cratère de Mont-Chalme ?

Sur une observation de MM. Lecoq et de Laizer, relativement à la force expansive des gaz, M. Croizet répond : que ces agens pourront bien produire un cratère d’explosion tel que celui du lac Pavin, mais qu’ils ne soulèveront pas les Monts-Dores, et que la cause que l’on assigne à ces prétendus soulèvemens ne lui paraît nullement en rapport avec l’effet qu’on lui attribue.

M. Constant Prévost ne partage pas l’opinion de M. Lecoq sur les soulèvemens du Mont Dore et du Puy-de-Dôme par les volcans modernes. Il entre à ce sujet dans les détails suivans :

Que peut-on entendre, dit-il, par les expressions de volcans modernes ? Faut-il ne comprendre par là que la cause ou la force qui aurait produit, postérieurement au soulèvement supposé, les cônes à cratères et les coulées de lave qui entourent le Puy-de-Dôme, et qui se voient dans quelques points au pied du massif trachyto-basaltique du Mont-Dore ; ou faut-il entendre les montagnes volcaniques elles-mêmes ? Dans le premier cas, qui est le seul supposable, on demanderait : mais cette cause, cette force inconnue, par quels agens immédiats a-t-elle élevé les masses sur lesquelles on présume qu’elle a agi ? Est-ce par des gaz ?… Une fois que ceux-ci auraient vaincu, pour s’échapper, l’obstacle qui les comprimait, les parties soulevées seraient retombées. Est-ce parties matières solides ou pâteuses ? Quelles sont ces matières ? où les voit-on ? Car ce ne peuvent être les scories et les cendres dont sont formés les cônes à cratères, ni les nombreuses coudées qui se sont épanchées en sortant de la bouche et des flancs de