Page:Busch - Découvertes d’un bibliophile.djvu/58

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malheureux qui trouvent la morale du christianisme dans les livres MORAUX du père Sættler, du père Moullet et du père Liguori. Cependant, comme j’appartiens à une religion qui m’ordonne la charité, même envers mes honnêtes ennemis, je vais leur donner l’avertissement que voici :

Quand on a été condamné tant de fois en justice ;quand on a eu tant d’écrits brûlés par la main du bourreau ; quand on a été impliqué dans tant de procès de régicide ; quand on a été chassé de France à trois époques différentes, chassé du collège de Bréda, chassé de Venise, chassé de Bohême, chassé de Moravie, chassé de la Chine et du Japon, chassé de Malte, chassé du Portugal, de l’Espagne, de Naples et de Parme ; quand on a été condamné par presque tous les souverains de l’Europe et par presque tous les parlements de France ; quand on a été jugé complice d’attentats contre la vie d’une reine et de deux rois ; enfin quand on a eu tant de pendus dans sa famille : la calomnie devient une arme impuissante.

Mais cette calomnie, pour être impuissante, n’en est pas moins odieuse, et elle l’est d’autant plus qu’elle n’a aucun motif apparent : quand je serais le plus criminel de tous les hommes, les énormités de Sættler et du Compendium n’en subsisteraient pas moins, n’en seraient pas moins injustifiables, et ces énormités sont manifestes jusque dans les subterfuges même dont on cherche à envelopper leur hideuse nudité, comme va le prouver l’analyse de la prétendue réfutation de mon ouvrage.